Août 2024Tolérance et liberté d'expression
Geschlechtergerechter
Cette étude se concentre sur le rapport conflictuel entre tolérance et liberté d'expression. Les deux camps du « combat culturel » se reprochent mutuellement leur intolérance. On reproche à la gauche un manque de tolérance envers les opinions qui ne lui conviennent pas. Les personnes de droite, quant à elles, sont accusées d’intolérance envers d’autres modes de vie et identités. Dans le but de contribuer à objectiver le débat, l’association Geschlechtergerechter s’est penchée sur le thème de la tolérance en collaboration avec l’institut de recherche Sotomo. La présente enquête confirme ces sensibilités divergentes. Le champ de tension entre tolérance et liberté d’expression est particulièrement marqué sur les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux sont le seul domaine dans lequel une majorité des personnes interrogées a constaté une augmentation de la liberté d’expression ces dernières années. Dans le même temps, c’est précisément là qu’elles sont particulièrement nombreuses à faire l’expérience de l’intolérance. Les Suisses considèrent les hostilités sur les réseaux sociaux comme la plus grande menace pour la société ouverte. Afin de protéger cette société ouverte et tolérante, il semble nécessaire de définir également les limites de la tolérance. Ainsi, une nette majorité de la population suisse estime que le racisme, l'antisémitisme ou le sexisme sont inacceptables et ne relèvent pas de la liberté d'expression. Dans le même temps, une majorité estime toutefois qu'il faut faire preuve de plus de tolérance envers les opinions politiques différentes en Suisse – qu'il faut aussi savoir accepter des opinions qui nous déplaisent.
Lisa Frisch travaille chez Sotomo depuis le printemps 2024. Elle se concentre sur les sondages d'opinion sociaux et politiques. Elle a obtenu un doctorat en psychologie sur la question de savoir comment réussir la réconciliation entre différents groupes sociaux.
Michael Hermann a étudié la géographie, l'économie et l'histoire à l'université de Zurich. Il a fait son doctorat à l'Institut de géographie de l'Université de Zurich sur le thème "Valeurs, changement et espace".